Curriculum 23
D’ici on voit le fleuve.
On voit la ville,
et le mélange des arbres qui balancent.
On voit le fleuve large
qui s’en va.
On voit très loin, la ville,
et le fleuve et les arbres, sur les rives.
Mais que dire du fleuve ?
Du fleuve qui coule et m’emporte
hors des murs de la ville.
Que dire de ces arbres qui m’enroulent,
de ces pierres qui me retiennent,
de ces ponts, ces berges, ces quais,
ces rues, cette vie, cette mort au loin.
Au loin comme ce fleuve que je vois
d’ici, de la ville.
Comme ce fleuve qui prend sa source
en moi.
D’ici on voit le fleuve qui s’en va,
plus calme que calme,
plus docile que docile.
On voit le fleuve qui emporte tout,
jusqu’à ce jour qui se perd.
On voit le fleuve, comme si on
voyait en soi, comme si aucun
bateau ne remontait le courant.
On voit le fleuve qui se perd.
Le descendrai-je un jour ?
Un jour irai-je jusqu’où il va ?
Kakashiwe, 12 .07.1972