J’ai toujours porté une attention particulière à ce que l’homme fait de la matière primaire : le bois, la terre, le végétal… et en particulier à ce qu’il fait naître de ses mains. C’est avec ces matériaux élémentaires que s’exprime son génie primitif. Ma formation d’ethnologue m’a conduit à côtoyer des cultures, des hommes, des femmes qui les utilisent quotidiennement pour leurs besoins élémentaires, et avec lesquels ils réalisent des objets de première utilité, des instruments, des ustensiles et, souvent, de véritables œuvres d’art, qu’il s’agisse de vannerie, de poterie ou de tissage. J’attache également beaucoup d’attention à ce rapport avec la main (lisez Leroi-Ghouran : Le geste et la parole), ce dialogue que nous pouvons tous poursuivre avec ces merveilleux instruments – les mains –, par lequel nous pouvons tous nous exprimer, qui sont à la portée de chacun et qui nous confrontent aussi au temps.